nouvelle, Les Glotomuches

Publié le par VENNER YANN

Nouvelle inspirée - de très loin - d’un roman d’Albert Camus : La peste

 

LES GLOTOMUCHES ONT DES BRIQUETTES

 

 

Midi sonnait au champignard de Glotoville. Les Glotomuches, pressés, sortaient de leur jobinard et les rues, d’un seul coup, s’énerculèrent des bruits les plus vénéneux.

Il était l’heure de s’emplir le croûtignon et de faire ribambelle de nutraline. Une fois les Glotomuches rentrés dans leurs lardières, la rue redevint palzigotte.

Un pauvre chien, tout gratigneux, traînait ses patamuches le long des malavoines, à la recherche de quelque lardenouille bien canichard. Soudain, il aperçut, bondissant d’une malavoine renversée, un horribilard cornu qui s’exgamala aussi sec à ses patamuches. Raide exgamalé, l’horribilard ! avec un filet de charmouille aux commissures labinaires ! Le chien, qui n’était pas plus bête qu’un Glotomuche, mascara bien que quelquechose ne turlurait pas miroton.

“Ah ! berlurette ! qu’est-ce c’est’y s’badigoince donc ?”

Il s’avança, à pas de rouflaquettes, vers la malavoine chargée de monastère. Une odeur défécateuse s’expalombait aux alentours ; déburquant le couvercle, il aperçut à l’intérieur des didouzaines d’horribilards exgamalés : tous, pêle-mêle, encharnementés comme des sardophiles d’un autre âge !

“Nom d’un bitoniau à casquette !” breloqua-t’il entre ses labinoires. “Qu’est-ce qui m’a fatraqué un encharnement pareil ? Il faut que j’évangélisse absolument mon Glotomuche de cette fariboule ! Quelle hépataloire !”

 

Il courut à toutes patamuches chez son maître Arnioche qui vacarait dans une jolie lardière. Maintenant, les autres Glotomuches retournaient au jobinard, le croûtignon bien rempli. Mais son maître ne jobinardait pas aujourd’hui car il était un peu perruqueux : un genre de bronchite, à ce qu’il paraît.

Le chien sonna au corgnolon, fort muchiné et hors d’haleine. Arnioche, d’un pas vanilleux, vint lui ouvrir.

“Ah ! c’est toi, vieux gratigneux ! Où as-tu encore été moisiner, chien d’arrissoire ?”

Son Glotomuche le hapenardait souvent, mais au fond de sa carnoche, il le brisouillait bien.

Une fois la fariboule racontée, le pauvre Arnioche vasourina dans la dirnache la plus complète.

“Quelle hépataloire !” ne cessait-il de breloquer. “Pourquoi tous ces horribilards exgamalés ? Et il doit y en avoir des millzims aussi dans les lavinoirs et les égouttines ! C’est sûrement dû à une marinade contagieuse ! Pourvu que les Glotomuches ne soient pas tous marinadés. Il faudrait avertir mon sibophile, le professeur Nerviandeux. Peut-être possède-t’il le sérinium enjolivateur contre cette marinade.”

Le chien, pour une fois, s’accorta avec son Glotomuche qui n’était plus de tout perruqueux après une telle fariboule, et, tous deux finardèrent chez leur sibophile...

 

C’est alors que les briquettes commencèrent à Glotoville et pour tous les Glotomuches. Dans les journaux du soir, on pouvait lire :

“FANTASTIQUE HEPATALOIRE !

LA FARIBOULE LA PLUS TRAGIQUE DE NOTRE SECULOIRE !

LE PROFESSEUR NERVIANDEUX DECOUVRE UNE NOUVELLE MARINADE !

DES MILLZIMS D’HORRIBILARDS EXGAMALES !

A QUAND NOTRE TOUR ?”

“LE PROFESSEUR CHERCHE LE SERINIUM MIRACLE !”

 

Pauvres Glotomuches ! Eux qui étaient si jarnillons et malissoires d’habitude ! Les voilà complètement dématelassés ! Ils criquettent pour leur santé et se mettent tous à breloquer en même temps, et à sombrer dans la dirnache :

“Et ma lardière que je n’ai pas encore fini de palsouyer ! Mes petits Glotomuches, ils vont tous exgamaler ! C’est chiborgneux ! C’est la fin des charpinots !” crépinaient-ils, comme des poules.

 

Quelques sécartièmes plus tard, tout Glotoville était dans la rue, devant la lardière du professeur. Le peuple des Glotomuches scandait :

“NERVANDIEUX, NERVANDIEUX !

Le sérinium enjolivateur, le SERINIUM, le SERINIUM !

CHERCHEZ-LE, BRIGNEZ-LE et VACCAZINEZ-NOUS !”

Facile à breloquer, mais pas facile à brigner, mascara le professeur qui, de son laboratoire, entendait les insuflades de la foule vindicargneuse. Alors, du haut du balcon de sa lardière, il époustrophia le peuple Glotomuche : “Caramades profitélaires, caramades expolateurs ! Je vous en conjure ! ne grisounez pas la paltembouille dans toute la ville ! J’essaie de brigner de mon mieux. Foutrissez-vous dans vos lardières et attendez la déssouchette ! Avant peu, j’espère vous vaccaziner tous ! Ne friloussez plus et ne laissez pas la dirnache vous asperger ! Compris ? Bon ! c’est pas tout çà, il faut que je retourne à mon labyrinthium !”

 

Satisfaits, les Glotomuches se foutrissèrent à petits pas dans leurs lardières et attendirent en mascarant des heures plus chamareuses.

 

Le crépuscule s’inocula peu à peu sur Glotoville et une nuit de grande tricotine drapina la cité. Le vent du lardet bronchinait et des odeurs défécateuses s’expalombaient toujours. On pouvait entendre friqueter les dentiers et larmoyer les quinquinaux des pauvres Glotomuches.

 

Tout le monde était grandement tristouillet sauf un seul et unique être, la maîtresse d’Arnioche, une jolie Glotomuche, bien rondounante et frimouillettte... comme une méridoine. Elle s’appelait Jarnitelle et sentait bon la trémolière. Jamais son moral n’était décrouné tant elle brisouillait la Vie. Et cette nuit-là, elle était justement avec le pauvre Arnioche qui madeleinait à tout va. Jarnitelle, pulpeuse et solide comme une droque, le rafistolait par de douces breloques :

“Allez mon rodomuche ! oublie donc ta dirnache ainsi que tes briquettes et viens dans mes trisseaux ! Oh ! il était tout molinadeux, le petit Nionioche à sa Nitelle ! Il ne frilousse plus maintenant qu’il est grand ! C’est qu’il a les quinquinaux tout barbotés, mon joli Glotomuche à mio ! Il va se drapiner dans son dodo et variner à des choses plus chamareuses. ”

 

Alors, comme par manègerie, Arnioche s’endormit dans les trisseaux de Jarnitelle, elle qui ne mascarait qu’au bonheur de son Glotomuche et de tous ses frères, attendant en friloussant, l’exgamalade irréversible...

 

 

- FIN -

 

La suite de cette histoire a été détruite par la femme de l’écrivain, violemment troublée avec cette LECTURE...

 

 

Publié dans blacktrelouzic

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