2 poèmes

Publié le par VENNER YANN

Illusion

 

Mes galops ne sont pas de trop

dit le cheval à ses sabots.

Entre ma queue et ma crinière

s’agite un champion sans manières

 

un étalon dès la naissance

armé de gloire et de puissance

un destrier de haut lignage

doué pour le saut doué pour la nage.

 

J’ai traversé la terre entière

les mystères de la matière

échappé à toutes les guerres

aux cavaliers de feu de fer.

 

Maintenant usé par la vie

ma litière est ma seule amie.

Perspective peu cavalière

cavaltitude prisonnière.

 

Mes galops ne furent pas de trop

j’attends la mort au petit trot.

Mourir ? mégalo ? disparaître ?

impossible ! Je vais renaître !

 

 

Sur le quai...

 

Des bateaux comme s’il en pleuvait

et des trains comme un incendie.

Des bateaux au sillage épais

escarbilles de mes pensées.

 

Ancres noires qui chassent, déraillent.

La grand-voile du cheminot

drape des fiers capitaines

voyageurs en culottes courtes.

 

Sur le quai des départs

des mouchoirs s’agitent, nous pleurons.

 

Adieu les côtes de l’Afrique,

le cheval de fer s’est noyé.

Dans une pente nostalgique,

ses sabots se sont sabordés.

 

Des bateaux comme s’il en pleuvait,

des locos attendant le flot

pour s’échapper à fond de train

à fond de cale vers un destin

chargé d’écume, de poussières.

Attention ! Fermez les portières !

 

Le bateau dans ses étriers

chevauche les rails, déchaîné ;

le chef de gare aux bras de pieuvre

est dépassé par la manœuvre.

 

Des chevaux comme des voiliers,

et des trains comme des coursiers.

 

 

 

Publié dans blacktrelouzic

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venner yann 12/09/2008 16:23

poèmes à consulter sur le site www.joiedevie-forumpro.fret sur www.publibook.com

Venner Yann 10/06/2006 11:34

Merci Alain de ton aimable réponse. Amicalement, Yann

Alain 07/06/2006 17:03

Bravo Yann d'ouvrir tes créations au vent du large.netAinsi, même loin, nous t'entendrons ricaner.Alain